jeudi 30 juin 2016

Homer, Jour 2

Mercredi le 29 juin. Homer, Jour 2. 52 km.

Nous commençons notre journée de visite en allant au Centre des visiteurs de Homer. Pendant qu'Hélène va se renseigner, je profite du bon wifi pour publier le blogue, payer quelques comptes et prendre les courriels.

Il est 10h30 lorsque nous nous stationnons au deux tiers du barachois de 4 kilomètres de longueur, vis à vis le lagon où entrent de nombreux saumons avec la marée. Il y a une cinquantaine de pêcheurs autour du lagon et quelques-uns attrapent leur saumon malgré les trois otaries qui s'en donnent à cœur joie avec les poissons. Ici la règle veut que si tu attrapes un saumon par une partie du corps autre que la bouche, tu dois le relâcher. On voit un pêcheur libérer sa grosse prise avec déception juste devant nous. J'aime bien pêcher mais dans ces conditions cela ne m'excite pas beaucoup.





Puis nous allons juste en face de l'autre côté de la route à un commerce qui annonce des huitres et des moules fraîches. On se renseigne et cela nous intéresse. On reviendra plus tard.

Nous marchons sur la piste cyclable et piétonnière jusqu'au bout du barachois. On passe le long de la marina et des boutiques pour touristes et on se rend sur la plage tout au bout. Les montagnes et les glaciers sont vraiment plus près et la vue est magnifique. Le soleil est de la partie encore aujourd'hui. Quelques gouttes de pluie et des nuages mais on se trouve très bien avec les 15-16 degrés et le soleil. Nous sommes certainement plus frileux que les locaux car ils sont tous habillés comme nous en été au Québec.





Au retour de notre grande marche, nous arrêtons acheter une douzaine de ces huitres de culture de la baie de Petersen. Les huitres ne se reproduisent pas ici. Alors ils importent des larves des régions plus méridionales et les font grandir dans ces eaux froides et riches. Cela donne des huitres très charnues mais tendres, savoureuses et sucrées. Et elles sont disponibles du printemps à l'automne. Nous les avons mangées pour le lunch un peu plus loin sur le bord de la baie. Nous nous sommes délectés. Ce sont les meilleurs huitres que j'ai mangées depuis des années. 


Après le lunch nous allons faire un tour de VR de l'autre côté d'Homer. La route continue durant 25 km environ. Nous faisons un bout de chemin mais retournons sur nos pas car la route n'est pas vraiment panoramique. Nous arrêtons au marché des fermiers qui se tient les mercredi et samedi en après-midi. Nous faisons rapidement le tour et achetons quelques légumes frais, des œufs de diverses couleurs et des biscuits. Nous sommes surpris de voir des jeunes dames habillées de manière très spéciale, à l'ancienne, et qui se parlent en russe entre elles. Peut-être des descendants d'immigrants russes de foi orthodoxe qui ont fuit les communistes au début du XX ième siècle?




Nous terminons l'après-midi en allant visiter le Centre des visiteurs sur les îles et les océans (Islands and Ocean visitor Center) où se trouve le centre de recherche et d'éducation du Refuge faunique des îles de l'Alaska. Ce refuge s'étend sur des milliers de kilomètres de côte, partant de la frontière avec la Colombie-Britannique et allant tout au bout des Aléoutiennes jusqu'à la frontière avec la Sibérie. Nous visitons le Centre avec grand intérêt. Bonnes expositions! Et nous regardons un film lui aussi très intéressant. Puis nous allons faire le sentier Beluga Slough juste derrière le Centre. À part un autre pygargue à tête blanche, qui sont très communs par ici, nous avons le plaisir d'observer un couple de grues du Canada avec leurs deux petits. Elles sont toutes de couleur roussâtre au lieu du gris que l'on a vu antérieurement. Normalement cette couleur est l’apanage des jeunes de moins d'un an.






Nous revenons à notre camping à flanc de colline vers 17h, juste à temps pour l'apéro avec vue sur la mer, le barachois, les montagnes et les glaciers. Il fait encore très beau en ce pays de pluies.

Nous soupons vers 19h30, des petites côtelettes bien épaisses sur charbon de bois. On aurait préféré du flétan frais mais malgré toutes nos recherches aujourd'hui, on ne trouvait que du congelé. Peut-être demain...



Nous terminons la vaisselle vers 20h30 et la fraîche commence à se faire sentir. Heureusement pas de vent. Nous rentrons dans le VR pour terminer le blogue commencé avant souper, trier les photos et continuer nos livres de Jack London, chacun un titre différent.


mercredi 29 juin 2016

De Sterling à Homer

Mardi le 28 juin. De Sterling à Homer. 182 km.

Nous partons vers 9h et arrêtons moins de 20 minutes plus tard au Washout Laundry and Shower de Sterling pour y prendre une bonne douche et accéder à Internet. Vraiment pratique ce commerce et très bien tenu en plus! Puis nous nous rendons à Soldotna où nous arrêtons faire l'épicerie et mettre de l'essence à l'immense magasin Fred Meyer. La route ressemble maintenant à une route d'Abitibi, de la Côte-Nord ou de Terre-Neuve : relativement plate avec bien des tourbières et des épinettes. On ne voit plus les montagnes du début de la péninsule.

Nous passons le pont de la rivière Kenai et sommes un peu surpris de ne pas y rencontrer une foule de pêcheurs. Les saumons ne montent pas encore en assez grand nombre. Dans une ou deux semaines ce sera la cohue, tant sur le bord de la rivière que dans le cours d'eau.


Quelques dizaines de kilomètres plus loin nous prenons la petite route South Coho qui mène à la mer. Nous nous stationnons à environ cinq kilomètres de l'embranchement et après le lunch, nous descendons à la plage pour nous détendre un peu. Je jase un bon bout de temps avec Rob, un pêcheur commercial de saumon. On parle du saumon, de la gestion de la pêche, de la vie en Alaska, de l'économie locale, etc. Il n'a pas besoin de gagner énormément car il n'y a pas d'impôt sur le revenu en Alaska me dit-il. On se quitte en se présentant et en se serrant la main. Rencontre sympathique!






Nous reprenons la route jusqu'au petit village de Ninilchik où nous arrêtons pour visiter une jolie petite église Orthodoxe russe construite au début du XX ième siècle par les habitants du village qui sont un mélange de créoles, d'Aleuts et de Russes. Nous visitons ensuite le petit village qu'on trouve bien sympathique dans sa partie ancienne construite sur le bord de la petite rivière Ninilchik.






Nous reprenons la route vers 15 :30 et décidons de nous rendre à Homer. Il a fait très beau toute la journée avec une pointe de température à 18 degrés et on veut voir la ville autrement que sous la pluie. Lorsque nous arrivons à Homer, nous sommes à cheval sur une ligne de séparation météo. À gauche ce sont les gros nuages noirs et la pluie alors qu'à droite, sur la baie et sur les montagnes de l'autre côté, c'est le beau soleil. Nous sommes accueillis par de violents orages mais cela ne dure pas. Homer se retrouve juste à la limite des nuages et demeure au soleil pour le reste de la journée.

Nous allons prendre un site au camping municipal sur le versant de la montagne qui domine la ville et la baie. Notre site est super avec une vue extraordinaire sur la ville, le barachois (spit) et les montagnes coiffées de glaciers qui coulent vers la mer. C'est trop beau, on ne bouche plus d'ici aujourd'hui. On s'installe dans notre chaises pliantes et on savoure une petite bière avec des croustilles tout en regardant ce splendide panorama.





Un peu plus tard, c'est la guitare pendant qu'Hélène s'affaire au souper. Ce soir, nous nous régalons avec du saumon rose (King) frais, ultra-frais. Et c'est un délice! À peine cuit pour que le saumon soit moelleux et garde la délicate saveur.

Après souper, nous allons nous promener dans le camping tout en côtes et admirons la baie des différents points de vue qui s'offrent à nous. On est heureux de revoir les belles gros montagnes enneigées!

Nous rentrons au VR vers 20h pour trier les photos, faire le blogue et lire jusqu'au coucher.




mardi 28 juin 2016

De Anchorage à Whittier à Sterling, Péninsule de Kenai



Dimanche le 26 juin. De Anchorage à Whittier. 140 km.

Nous partons du camping vers 9h30 après avoir déjeuner, passé par la station de vidange et fait quelques appels et recherches via Internet. Nous arrêtons chez REI pour aller acheter 2-3 bricoles et ensuite nous voici en route vers le sud, en direction de la péninsule Kenai.

À une quinzaine de kilomètres nous arrêtons au Potter's Marsh, un marais créé par inadvertance lors de la construction de la voie ferrée. Il est maintenant aménagé pour l'observation d'oiseaux mais on peut y voir des ours, orignaux et saumons. Parlant d'ours, nous avons eu la visite d'un ours noir à deux reprises dans le camping hier soir. Juste en face de nous où campaient des enfants. L'ours semblait plutôt insistant et habitué aux humains ce qui fait que la petite famille a déménagé. Il y aurait entre 30 et 60 ours qui vivent en périphérie d'Anchorage. Et des dizaines d'orignaux.

Revenons au Marais Potter. Nous nous promenons sur la passerelle de bois en essayant de voir des oiseaux qu'on ne voit pas souvent dans l'Est. Mais ce n'est pas la haute saison. On voit des grands chevaliers à pattes jaunes, des sternes, des mésanges, quelques sarcelles à ailes vertes et un pygargue à tête blanche qui niche à proximité. Un peu plus loin, de gros saumons King sont entrés dans le marais en passant par les ponceaux sous l'autoroute. Il y en a une quinzaine. Comme les beaux gros mâles tout rouge sont jolis!







Nous reprenons la route qui passe tout le long du bras de mer Turnagain Arm. Les montagnes de chaque côté en accentuent la beauté. On ne voit pas de béluga mais tout en haut sur la montagne derrière nous, une femelle mouflon se promène avec son petit.



Nous étions partis pour aller directement à Seward mais rendus à la croisée des chemins nous décidons d'aller à Whittier, un petit village de 250 personnes créé de toute pièce par l'armée en 1943 et maintenant un port de mer pour les conteneurs, les bateaux de croisières, les excursions en kayak de mer et les excursions de pêche en haute mer.

En passant nous arrêtons faire une randonnée pour aller voir le glacier Byron, l'un des nombreux glaciers de sommets de montagne des environs. Nous marchons environ 2h au total, sous la pluie parfois légère et parfois forte. Ce type de glacier est impressionnant de par sa couleur bleuâtre. De la glace pure contrairement aux glaciers qui coulent aux fonds des vallées et qui sont souvent couverts de gravier.





Nous arrêtons ensuite au lac Portage où flottent des petits icebergs, de morceaux des hauts glaciers qui se détachent et allons visiter le Centre des visiteurs de la Forêt nationale. Hélène y fait une rencontre coup-de-coeur!



Puis nous allons au petit village de Whittier qui compte à peine 200-250 habitants et encore plus de bateaux de pêche sportive.  Pour y aller, il faut passer par un tunnel de quatre kilomètres de long à une seule voie où roulent en alternance véhicules routiers et trains. Aux heures pile c'est le tour de ceux qui sortent et aux demies de l'heure, celui de ceux qui entrent. Quand il y a un train, tout est décalé car il a priorité.

Nous entrons à 16h30 et faisons rapidement le tour complet de la petite localité. Il pleut à verse et nous faisons donc le tour en VR. La baie est vraiment magnifique avec les hautes montagnes qui la bordent et les chutes et cascades qui se jettent dans la mer nourries par la pluie qui ne cesse que de temps à autre. Cela nous fait penser au Milford Sound dans le Fjordland du Sud de la Nouvelle-Zélande (voir le blogue spécifique à ce sujet à l'hiver 2012).











Au bout d'une heure et demie nous retraversons le tunnel et allons nous installer au camping Williwaw dans la Forêt nationale Chugach, situé à moins de dix kilomètres le long de la grande route. Il est maintenant 19h et nous commençons à avoir faim. On se fait des tranches d'épaule d'agneau sur charbon de bois. Avec un bon vin de Californie c'est délicieux et on se fout de la pluie! Nous sommes vraiment contents d'avoir notre auvent, nos petites tables pliantes, notre BBQ ultra-léger et notre poêle de camping portatif.



Vers 21h, c'est l'heure des photos et du blogue pendant qu'Hélène se renseigne sur la péninsule Kenai. Et à 22h, on se couche. Hier j'ai finalement terminé mon livre L'appel de la nature (Call of the Wild) de Jack London. Un très bon livre qui fait rêver du Nord et de l'Alaska. Ce soir j'en débute un autre du même auteur.

Lundi le 27 juin. De Whittier à Sterling. 143 km.

Quand nous quittons notre site ce matin vers 9h, nous rencontrons les quatre étudiantes en médecine vétérinaire de St-Hyacinthe que nous avions rencontré dans un sentier au Parc Denali. Elles étaient campée à deux emplacements de nous. Mais avec la forte de pluie d'hier soir, on ne les a pas vues. Elles sont un peu tannées de la pluie. En tente cela devient lourd à la longue. Nous les saluons et peut-être les recroiserons-nous plus tard.

Nous prenons la route qui mène au bout de la Péninsule de Kenai en direction de Homer. Les prévisions météo à court et à moyen termes nous portent à commencer par là avant d'aller à Seward, notre plan original. Et en effet nous quittons rapidement la zone de pluie. La route panoramique est très agréable. De part et d'autre, de hautes montagnes aux sommets enneigés. On voit des mouflons à quelques reprises mais pas de chèvres des montagnes cependant. Ces dernières sont présentes dans la Péninsule et il se pourrait qu'on les aperçoivent en train de brouter en haut des pentes près de la limite enneigée. Puis nous suivons la séduisante rivière Kenai dont la couleur émeraude contraste dans avec les environs.




Nous arrêtons un peu plus loin passer une bonne partie de la journée dans le secteur de la rivière Russian. Le camping est plein mais on peut stationner en payant un droit d'accès, comme le font d'ailleurs des dizaines de pêcheurs. Notre première activité est d'ailleurs d'aller voir comment fonctionne la pêche au saumon sur cette rivière très populaire. Nous sommes surpris de l'aménagement dans un premier temps : sentiers avec tapis de caoutchouc, passerelles avec planchers ajourés pour que la végétation pousse en dessous, escaliers de bois, etc. C'est que l'environnement s'était vraiment très dégradé au fil des ans à cause de la forte affluence pour la pêche. Maintenant, les rives ont été restaurées et les pêcheurs doivent accéder à la rivière par des passerelles bien indiquées.

La petite rivière Russian est vraiment belle. Les pêcheurs abondent et dans certains secteurs, ils sont vraiment très près les uns des autres. Ils pêchent avec des lancer-légers ou des cannes à moucher. Au bout, ils mettent une grosse mouche et un poids relativement pesant de manière à faire caler la mouche. Et ils lancent en espérant que la mouche attrapera un poisson en passant près de son corps ou mieux encore dans sa bouche. Les saumons ne s'alimentent plus depuis qu'ils sont en eau douce et ne mordent jamais. Il faut donc les accrocher, les jiggers. C'est loin d'être aussi protocolaire et sportif que la pêche au saumon atlantique. Aucun rapport. Mais les gens semblent y prendre plaisir. C'est la remontée des saumons Sockeye qui commence et quelques-uns en ont attrapé un. Ou parfois une truite arc-en-ciel. La majorité n'attrapent rien du tout. C'est tout de même intéressant à voir, d'autant plus que des beaux pygargues, adultes et jeune, passent sans cesse devant nous au dessus de la rivière.  Comme des centaines de goélands, ils trouvent facilement de quoi se nourrir ici. Des milliers de saumons vont mourir après avoir frayé. Quand à moi, j'ai mon attirail de pêche mais il faudra que je fasse quelques ajustements : grosses mouches et fils à pêche avec une résistance de 30 lbs. Je vais aussi attendre un endroit qui m'inspirera et où il y aura moins de monde.







Nous allons dîner au VR puis nous partons faire un sentier qui mène aux chutes Russian à 4 km en amont. Le sentier est en gravier et mesure deux mètres de large. C'est l'autoroute pour les marcheurs et les pêcheurs ici. Les chutes sont vraiment très belles et l'on y observe des dizaines de saumons qui sautent pour remonter les rapides et les seuils. Un exploit car le courant est très fort!


Un saumon qui saute les rapides impétueux

Nous partons vers 16h et reprenons la route sous un soleil radieux avec une température de 19 degrés. Nous faisons quelques arrêts le long de la rivière Kenai et arrêtons vers 17h à un petit camping gratuit sur le bord d'un lac, peu avant Sterling. Nous sortons nos chaises pliantes et prenons un verre de bière en admirant le petit lac au rivage couvert par des plantes aquatiques. On se serait attendu à voir un orignal en train de brouter à cet endroit mais ce n'est pas le cas. Peut-être plus tard ce soir.



Nous cuisinons et soupons dehors pour bien profiter du beau temps. Les maringouins ne sont pas trop méchants. Après souper, nous prenons une petite marche dans le chemin de gravier qui nous a conduit au lac et revenons lire au VR en attendant de nous coucher pas trop tard.